Ce que mon jardin m’a appris.

Tu as ça un jardin?  Peu importe que ta réponse soit oui ou non, je vais t’expliquer ce qu’il m’a enseigné et tu vas comprendre.

Quand j’ai commencé à faire un jardin, j’étais complètement emballée.  Je l’ai vraiment fait « au jus de bras »!  J’ai découpé un grand carré dans la tourbe.  J’ai tout arraché la tourbe et j’ai ensuite pioché la terre avec ma pelle ronde ou carrée, selon la densité du sol que je rencontrais.  Pas de rotoculteur.  Je suis capable !  J’en ai eu pour des jours à avoir mal aux épaules et aux bras!

C’était il y a une quinzaine d’années.  J’étais vraiment fière.  Il était gros… et échevelé !  En fait, pour faire mon originale, j’avais planté mes légumes en sections de différentes formes.  Et il n’y avait que moi pour reconnaître les formes! Quand ça s’est mis à pousser là-dedans, ça avait l’air de tout un paquet de légumes mélangés.   En jetant un regard en arrière, je réalise que je le voulais plus joli que prolifique.  Le résultat s’est finalement avéré être ni l’un ni l’autre.   Je vais dire comme on dit: l’expérience rentrait.

Puis les années ont passé.  Je l’ai structuré de façon plus formelle:  des rangées bien droites.  J’ai récolté quelques légumes, beaucoup de mauvaises herbes, un pouce vert qui déverdissait au fil des années et un intérêt qui faiblissait aussi.  Je trouvais donc ça compliqué alors que ça devait être simple.  J’ai un faible assumé pour la simplicité.

Puis on m’a fait don de supers framboisiers!  Ça c’était génial.  J’adorais aller chercher mes framboises pour déjeuner.  L’expression «Ça goute le ciel » prenait son sens.  Pour le reste, j’ai planté des vivaces là où il y avait déjà eu des légumes.  Puis, lors d’un automne pas si lointain, pendant qu’on faisait notre préparation hivernale, j’ai regardé dehors et…  il n’y avait plus de framboisier.  Je pense bien qu’on s’était mal compris parce que tout ce qui restait de bon à manger avait été arraché.  Ce que ça peut faire, une interruption de communication!

L’an passé, j’ai eu à nouveau le désir d’avoir un jardin.  J’en ai parlé avec mon constructeur préféré et il a pris forme: de beaux bacs en bois de différentes dimensions remplis de bonne terre, parfaite pour qu’on ait des légumes de compétition !  Fait que, j’en ai planté des plants:  des petites tomates rouges, des petites tomates mauves, des grosses tomates rouges, des grosses tomates roses,   des poivrons verts, jaunes, rouges, mauves, des haricots, des oignons, des carottes, des concombres, des fines herbes, alouette!

T’aurais dû voir ça !  La jungle dans les bacs!  Ça débordait, on ne voyait plus rien!  Passer entre les bacs était un exercice périlleux…  Comme si une bête sauvage avait pu sortir de là!  Les concombres s’en sont sortis le mieux.  Pour le reste, asphyxie!  Juste démêler les branches des plants de tomates prenaient un temps fou et j’en cassais la moitié!  Morale de l’histoire, trop c’est comme pas assez.  Je pense qu’on n’a même pas mangé une seule tomate potable qui a émergé de ce jardin-là!

Cette année, forts de cette expérience, on a planté moins de plants dans chaque bac.  On a laissé de l’espace pour que chacun puisse donner tout ce qu’il a à donner.  Déjà, les tomates sont apparues, les poivrons aussi.  On a des concombres à cueillir et on mange de notre salade!   Ce sont les mêmes légumes, mais à qui on a laissé de la place pour « s’exprimer ».

Dans ma vie, c’est pareil.  Quand je veux tout faire en même temps et que je ne veux renoncer à rien, je finis par être tellement embourbée que je me coupe les ailes moi-même.  Quand je me mets à ne vouloir rien manquer et à vouloir tout expérimenter, je finis sur les genoux et je n’ai plus d’énergie disponible pour créer les conditions gagnantes pour être vraiment bien.  Je plante tout n’importe comment dans mon jardin.  Je mets toutes sortes de choses qui ne vont pas nécessairement côte à côte et puis, bang!  Me voilà envahie de mauvaises herbes que je n’ai pas le temps d’enlever au fur et à mesure.  Ça devient trop.  J’ai alors cette impression que je suis débordée.

La beauté de la chose, c’est que j’apprends avec le temps, avec les expériences, avec les bons et les moins bons coups à mieux choisir, disposer et réaliser mes projets et ce qu’ils exigent de moi.  Je laisse plus d’espace à ceux que je choisis pour bien se développer plutôt que de « charger mes bacs » et étouffer ce qui me passionne.  J’ai identifié quels étaient mes besoins et je vois à y répondre le mieux possible.

Et toi, comment se porte ton jardin?

Tendresse,

So

 

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