Bienveillance et compassion: une riche ressource ?

Allô !!!

Aujourd’hui, je te partage une impression que j’ai depuis quelques mois…  Et je dois avouer que dernièrement, ça m’a plutôt bousculée. 

Il me semble que le monde s’est mis à être… un gros nombril. Un géant nombril!

Fais ce que tu veux.
Fais ce qui te tente.
Ce que les autres vivent ne t’appartient pas.
Ce que les autres ressentent n’est pas ton problème.
En fait, si les autres ressentent…. C’est un problème ! À bas les émotions !!! 

Ben voyons !! C’est quoi cette affaire-là!

Quand j’ai commencé à m’intéresser au développement humain, je l’ai fait pratiquement « de force ». En fait, comme je vous l’ai sûrement déjà raconté, mes 4 enfants sont arrivés dans ma vie très rapidement : mars 2000= pas d’enfant. Juin 2002= 4 enfants.

4 enfants, 4 univers, 4 mondes intérieurs à découvrir et le mien qui me semblait être parti sur toute une dérape! J’avais beau avoir 100 outils différents, pas un ne fonctionnait avec la vis que j’essayais de faire fitter. Comme un meuble IKEA pour lequel on a mis toutes les grosseurs d’Allen key, sauf la bonne! Tu peux finir par rusher pis par te demander c’est quoi ou c’est à qui le problème.

Pourtant, dès que j’ai débuté les cours et formations, qu’on m’enseignait à voir plus grand et plus beau, je me rappelle qu’on m’ait toujours dit de faire très attention à préserver l’intégrité des autres.

Si j’étais malheureuse, ce n’était pas la faute de mon chum! Mais s’il faisait quelque chose qui me heurtait, je n’avais pas besoin de lui tomber sur la tomate : j’ai appris à dire les choses en le respectant. Je me suis aussi royalement plantée! « Nomme-toi, nomme-toi! » Ben oui ! Ça a l’air si facile dit comme ça. On n’a pas tous le même caractère !

Eh boy ! Je me rappelle sa face un brin impatiente qui avait l’air de dire « non mais accouche !! ». J’ai appris avec le temps à être plus claire, moins envahie et j’accouche plus vite ! Pourtant, j’avais toujours le même souci : ne pas être dans l’accusation, dans le blâme. J’ai compris au fil de mon parcours que ce que je vivais parlait de moi, et la façon dont il réagissait parlait de lui.

Aujourd’hui, j’entends tellement de « Ça t’appartient ». « C’pas de ma faute si mon attitude te fâche. T’as juste à pu me parler ». « Si mes réponses ne te plaisent pas, arrêtent de me proposer des choses… » Mais c’est quoi ça ?!?

La bienveillance est au cœur des relations riches et respectueuses. Et je parle de respect aussi, car se respecter et respecter ses besoins c’est bien noble. Mais dire qu’on respecte ses besoins en rejetant ceux des autres, pour moi, ça ne s’appelle pas du respect. Ça s’appelle de l’égocentrisme.

Oh que je t’entends me dire : Ben il faut bien l’être pour ne pas se laisser manger la laine sur le dos ! Oui, on peut penser à soi, on peut voir à répondre à ses besoins et faire en sorte de sortir des situations qui ne nous conviennent plus. Pourtant, les autres personnes en lien avec nous, impliquées dans ces mêmes situations, ne méritent-elles pas d’être accompagnées avec considération?

Pour avoir eu cette discussion avec différentes personnes autour de moi, nous avons mis le doigt sur ce qui me heurte tant : l’absence de compassion. Le fait de se placer dans un espace parallèle, au dessus ou en marge des autres. Faire comme si, en autant que ma petite personne soit comblée, accomplie, libre et dans le gros fun, le reste n’avait plus de poids, d’imprtance.

Oui, longtemps nous avons été enfermés dans des « il faut » « je dois » « ça se fait ou ça n’se fait pas ». On a voulu s’affranchir de la lourdeur des stéréotypes, des obligations et des carcans. Mais on a jeté la sensiblité, l’attention et la présence à l’autre avec l’eau du bain!

Quand j’ai compris que ce que je vivais m’appartenait et parlait de moi, je n’ai jamais entendu que ça faisait que je n’avais plus à me soucier des autres! Quand je me suis rendu compte que je pouvais avoir plus de pouvoir sur mes choix et mes décisions, je me suis sentie plus puissante dans ma vie en général. C’est vrai que c’est un processus…. Pourtant, de se sentir puissant n’implique pas qu’on n’a plus besoin des autres. Ces autres sont le reflet de nous. Ils sont un miroir essentiel pour continuer d’évoluer, avancer, s’ouvrir.

Dans cette vague de « SI ça me plait je le fais », on a oublié la force du ensemble. Cet ensemble qui nous amène à prendre soin de l’un et de l’autre. Qui, justement, accompagne cet autre jusqu’à ce qu’il soit suffisamment solide pour marcher seul.

Je suis une femme qui crois à beaucoup de choses. Je tente de me connecter à plus grand, à vivre dans le plus d’authenticité possible. Mais je ne peux imaginer que ça veuille dire que le plus grand implique « ce que tu vis n’est pas mon problème » Parce que justement, sous ce ciel qui nous est commun, ce que l’on vit, que l’on fait et ce que l’on véhicule à des conséquences sur les autres.

En ces périodes plus que fragiles, alors que nous faisons en sorte de nous tenir la main l’un et l’autre pour arriver à retrouver un vivre ensemble possible et sain, est-il vraiment nécessaire de se montrer encore plus individualiste et centré sur soi? Personnellement je ne crois pas.

Je vote à 4 mains levées pour que la compassion et le souci de l’autre retrouvent sa place au cœur de nos vies, de nos entreprises, de nos sphères personnelles et professionnelles.

Et toi, qu’en penses-tu?

Chaleureusement,

Sonia

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4 réponses

  1. Bonjour Sonia, merci pour cette belle présence que tu fais rayonner à travers tes écrits ! Je suis tout à fait d’accord avec la compassion et bienveillance. Je suis éducatrice en sdg scolaire et aide à la classe en anglais et je fais de mon mieux pour promouvoir ses valeurs, ses savoir-être…

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