Je choisis un petit vert aujourd’hui. Pour que ça commence à sentir ce qu’on espère si fort: le printemps !!! 🌱 Il est arrivé. Le calendrier nous l’a dit. Mais il ne se fait pas encore beaucoup sentir. Disons que, contrairement au sucre d’érable, il y a peu de chance qu’il nous tombe sur le coeur !
En fait, on fait avec le printemps ce qu’on fait avec nos désirs: on attend qu’ils se réalisent avec une petite obsession. On le surveille, on le guette, on piétine et trépigne. Comme un enfant qui n’a pas le jouet qu’il demande au magasin. Il pense que son comportement va générer un changement de réponse chez son parent. « Ah, pauv’petit, tu fais une crisette? On va l’acheter alors! »
On sait que ce n’est pas comme ça que ça marche. Et tant mieux. Vous savez ce qu’il arrive aux enfants à qui on dit oui à chaque crise de bacon? Les crises ne font qu’empirer et un jour, ils se croient tout permis et virent le monde à l’envers. Bon, j’en conviens, ce n’est pas une règle inconditionnelle. Mais ça n’aide pas à s’adapter aux aléas de la vie, ça, il n’y aucun doute.
Donc, revenons avec le printemps et nos réactions. En coaching, une des questions qui fait une grande différence est celle-ci: Quel est le pouvoir que tu as sur la situation? La première réponse est souvent aucun. Je n’ai aucun pouvoir sur la météo, sur la situation, sur l’état des faits.
C’est vrai, oui et non. Parce que si je n’ai pas de pouvoir sur ce qui se passe à l’extérieur de moi, donc sur la météo qui m’est servie, j’en ai sur ce qui se passe à l’intérieur de moi. MA météo à moi. Peu importe la force du soleil ou la densité des nuages, comment je vais aborder cette journée, cette semaine, ce mois pourra être la clé d’un meilleur état physique et mental. Ce n’est pas moi qui ai inventé la citation « Un esprit sain dans un corps sain ». Ça date un peu, puisque Juvénal l’a lancée il y a presque 2000 ans!
En fait, le fondement de cette puissante phrase était qu’on demandait aux dieux et aux puissances célestes d’être sauvés. Se tourner vers le ciel pour obtenir un peu de soulagement. C’est exactement ce qu’on fait depuis quelques semaines déjà 😅.
Et pourtant, si on regarde dehors ce matin (dans les Laurentides, en tout cas), il tombe des flocons de neige… Encore.
Il y a des tempêtes aussi qu’on n’attend pas. Qui sont impossibles à prévoir. Je me rappelle d’un voyage aux États-Unis en 1980, je crois. Avec mes parents. On campait près du Mont St.Helen dans l’état de Washington. Il avait été en éruption en mai précédent. Nous étions en août et il s’était mis à neiger de la cendre. Il y en avait partout et sur tout! Imprévisible. Et tout de même inoubliable. Encore faut-il s’ouvrir à ces inattendus et s’en émerveiller.
Je souligne que malgré ce que j’écris ci-dessus, je ne suis pas blindée contre les pertes de contrôle. Je ne suis pas « bulletproof » comme on le dit en chinois. Ce week-end, j’ai eu un accident de voiture. Sur le coin d’une rue. Deux voitures se cognent. Rien vu. Et bang! Ça peut paraître un incident banal. Mais l’autre conducteur était âgé. Voiture plus petite que la mienne. Choc et départ en ambulance pour lui. Désarroi complet pour moi. Je me suis sentie me défaire en dedans.
Dans la vie, j’accompagne les gens à devenir plus solides. Je les suis dans leur cheminement alors qu’ils ont pour objectif d’être alignés dans leur vie, d’évoluer avec confiance et intégrité. À se reconnaître pour les êtres uniques qu’ils sont.
Et là, soudainement, je me suis sentie aussi petite qu’une fourmi indésirable dans un tiroir d’ustensiles. Pas à la bonne place. Pas aimable. Et je suis tout à fait consciente qu’il y a des choses pires que ça dans la vie ! Une amie chère vit une situation professionnelle et personnelle épuisante et difficile. Quelqu’un que j’apprécie beaucoup est en récidive de leucémie. D’autres jonglent avec des deuils douloureux. Je ne m’installe pas en haut de la pyramide des souffrances, loin de là.
Évidemment, il y a d’autres facteurs en périphérie. Je ne vais pas tout vous dévoiler, mais l’hiver ne m’a pas fait de quartier. Je crois que c’était une goutte de trop dans mon vase bien rempli. Toujours est-il que j’ai perdu le souffle.
Je l’ai retrouvé avec la présence sécurisante autour de moi. On m’a ramenée à moi. Descendue de ma cabane de films de peur. Doucement.
Ce matin, j’écris dans un Tim Hortons en attendant que le comptoir de location d’autos ouvre. J’écoute la rumeur autour. Des personnes âgées qui viennent se rencontrer ici. Qui fraternisent et échangent sur leurs dernières aventures. Ils en ont vu d’autres. Et nous en verrons d’autres aussi.
Autant de printemps qui s’éternisent et de douces températures qui s’installeront tranquillement.
Parce que c’est ça la vie. Des hauts, des bas, et la certitude que tout passe.
Bonne fin d’avril.
Le meilleur reste à venir 🤞🏼
Sincèrement,
Sonia




