Salut,
Comment va ta charge mentale ces temps-ci? Je rentre vite dans le cœur du sujet, je sais. C’est qu’avec tout ce qu’on a à faire, on n’a pas de temps à perdre !
Je te pose la question car, ces temps-ci, je reçois fréquemment des clients qui me partagent qu’ils sont essoufflés, stressés et las du tourbillon dans lequel ils se trouvent. Dans les faits, ce n’est pas nouveau, je sais. N’est-ce pas l’enjeu de notre époque, courir après notre temps, nos rêves, l’argent, les défis? Et la question qui en découle est légitime : Comment en sommes-nous arrivés là?
Plusieurs réponses s’imposent plus ou moins d’elles-mêmes : beaucoup de stimulation, la comparaison qui naît du défilement sur les réseaux sociaux, la peur de rater et manquer quelque chose, l’urgence de vivre.
Et il y a toute l’insécurité qui nait de la situation mondiale : les guerres, le gros voisin encombrant, le coût de la vie. Et, certainement, d’une foule d’autres préoccupations. Comme s’il fallait lutter d’une façon ou d’une autre pour se libérer de ce nuage qui nous suit. L’éco-anxiété, l’angoisse de l’inconnu, la peur du renoncement à l’acquis, les contraintes financières ne font qu’accentuer cet état.
Et, au milieu de tout ce fratras, il y a le besoin que tout ça ait un sens. Un sens qui nous ramène au cœur de ce qui nous est important. Parce que si tout le reste prend tellement de place dans notre existence, cela ne fait pas que nos rêves et espoirs disparaissent. Ils y sont tout le temps ! Mais comme une plante qui manque d’eau, ils se dessèchent et attendent d’être nourris pour reprendre de la vigueur.
Parce que la mobilisation nous permet d’augmenter notre sentiment de contribuer positivement face à ce qui nous inquiète, on doit donner un sens à cette réalité. Et pour ça, il faut savoir sur quoi nous allons baser nos orientations et actions. Parfois, ça peut sembler plus simple que ça ne l’est réellement. Par exemple, il est possible qu’on doive faire face à des obligations qui nous freinent. Ou parce qu’on partage notre vie, notre quotidien avec des gens qui ont des volontés différentes des nôtres. Il faut alors marier tout ça.
On revient donc à l’importance d’avoir identifié ses valeurs au préalable. Ça paraît un peu ringard de parler ad nauseum de valeurs, mais ça demeure tout de même la pierre angulaire de ce qui nous fait bouger dans la vie. Ce qui permet de garder une certaine unité et intégrité dans la multitude de décisions qui sont à prendre quotidiennement.
Selon les études en psychologie cognitive, c’est environ 35 000 décisions que nous prenons chaque jour. 35 000 ! Semblerait que c’est 2500 juste pour ce qui touche à l’alimentation. Il en reste tout de même 32 500. Ça en fait-tu un méchant paquet qui se prennent inconsciemment, d’après toi?
Alors imagine que ton système prend toutes ces décisions « ordinaires » du quotidien et, en plus, que tu sois dans une situation professionnelle dont le cœur de ta tâche est de décider qui, quoi, comment, où, quand et toutes les ramifications qui découlent de ces observations et constats qui mènent aux positions que l’on adoptera. Il en résulte une sur-stimulation qui mène à une usure du système nerveux.
Il est important pour moi de noter que ce n’est pas tout le monde qui s’épuisera ainsi. Cela dépend beaucoup de la façon dont chacun gère et vit son quotidien, peu importe la dose de stress et d’intensité de celui-ci. Il y a des préférences comportementales naturelles qui apportent une protection face au surmenage. Mais en règle générale, cette quantité de décisions importantes à prendre devient un enjeu d’équilibre psychologique.
D’autre part, il se peut que ce soit face à la situation familiale que tu éprouves ce dépassement qui crée une lourdeur mentale, ou dans une relation avec un.e ami.e ou un.e conjoint.e dans laquelle tu n’arrives plus à te sentir aligné.e. Donc, tu te poses mille questions et les décisions à prendre ne sont jamais claires. Comment se positionner? Comment y faire face? Partir ou rester?
Puis, que dire de la rumination qui s’invite au milieu de tout ça? Et ce, peu importe dans quel contexte se déroule les situations problématiques ou qui impliquent des enjeux. Parce que dans ces moments-là, on décide et on DÉ-décide. Notre solidité est à peu près aussi grande que qu’un bâton de popsicle dans le sable : pas forte !
Donc, je reviens à ce que je disais plus tôt : nos valeurs sont notre meilleur guide. Et notre intention réelle aussi. Parce qu’on peut se faire avoir par notre propre ego qui nous lance des messages contradictoires. D’un côté, il partage être focalisé sur la santé de l’équipe et de l’autre, il a les yeux sur les gains financiers. Ou on souhaite enseigner l’autonomie à nos enfants mais on désire leur imposer des limites fermes. Quelle sera la décision qui sera gagnante, alors ? La spirale n’est pas près de prendre une pause.
Il est primordial de se rappeler qu’il n’y a rien de mal à ralentir. À prendre le temps de prendre le temps. Ce matin, je me suis gâtée avec un épisode de balado dont l’invité est le psychiatre Christophe André. Ce psychothérapeute parvient toujours à trouver les mots justes pour me permettre de prendre conscience de certains comportements et des motivations qui les sous-tendent. Dans cet épisode, il parle principalement de notre cerveau et de ses besoins qui ne sont plus nourris parce que nous le surstimulons.
Que ce soit avec du divertissement en ligne, des projets qui se succèdent, une attention accrue aux données générées par notre montre connectée, il n’y a presque plus d’espace pour renouveler son énergie, ses cellules, ses connexions.
Prenez l’exemple d’un véhicule que vous conduisez toujours à 160 kmh et ce sur tous les types de routes. Il est fort possible qu’il ne fasse pas long feu. Vous devrez le changer beaucoup plus fréquemment qu’un autre que vous utilisez à une vitesse raisonnable. Celui-ci aura une plus longue vie en meilleur état.
Le cerveau ne peut être remplacé quand il fait des siennes. On doit vivre avec les effets de l’usure sur lui ou modifier ses comportements pour favoriser sa récupération. Car IL EN A BESOIN ! Besoin de faire une pause, de ralentir pour qu’il ait laisser le temps de procéder à sa mise à jour, à faire baisser l’aiguille de la température pour laisser refroidir le moteur et repartir frais. Ainsi, il aura retrouvé son élan et répondra aux demandes conscientes et inconscientes beaucoup plus efficacement.
Il est possible que cela lui évite la fatigue léthargique, le découragement, la dépression et peut-être même un signal encore plus fort pour qu’on arrive à entendre le signal. Et n’est-ce pas que nous désirons éviter? En tout cas, moi, c’est ce que je souhaite. Et que je te souhaite.
Je glisse ici le lien vers l’épisode du balado avec Christophe André. Offre-toi, offre à ton cerveau et à tout ton système intérieur ce petit cadeau juste à temps pour que tu profites bien des vacances qui se profilent à l’horizon.
Pourquoi le cerveau n’arrive plus à se reposer.
Chaleureusement,
Sonia




